Je ne suis pas un assassin- Frédéric Chaussoy

Bravant les lois et les mœurs, une mère apporta à son fils souffrant et incurable la mort qu’il désirait ardemment. Tragédie moderne à l’extrême, l’événement bouleversa la France, marqua le temps, imposa une réflexion et fit évoluer notre législation. Raconté au plus juste, voici le récit du médecin qui, surmontant ses doutes, accomplit, après Marie Humbert, le geste ultime et libérateur. La trajectoire d’un homme se mesure aux risques qu’il
affronte. Par une matinée de septembre 2003, Frédéric Chaussoy, réanimateur médical (métier de tous les dangers), décida de mettre un terme aux souffrances de Vincent Humbert, jeune paralysé de vingt-deux ans enfermé dans le cercueil de son corps. Ce fut un choc pour nous tous et les débats politiques en parurent soudain bien fades. Cette décision du praticien de l’hôpital de Berck imposa,
sans le savoir, une loi sur la fin de vie en France.
Vous ne sortirez pas indemne de cette lecture.
(BERNARD KOUCHNER)

je ne suis pas un assassin

Ce témoignage est dans la lignée de l’histoire de Vincent Humbert. Qui ne connait pas son histoire ? Un jeune homme dans la fleur de l’âge, pompier volontaire qui a eu un accident en allant à sa caserne. Les secours, qui en plus de ça étaient de ses collègues, l’ont secouru et réanimer. Vincent fini par vivre mais dans quelles conditions ? Aveugle, muet, tétraplégique, avec aucun espoir d’amélioration, voilà l’avenir de Vincent.

J’ai déjà lu son livre, vu je ne sais combien de fois le film qui lui rend hommage, et à chaque fois c’est la même émotion. Il en veut aux soignants de s’être acharner pour le maintenir en vie. Je ne me rappelle plus dans les détails son combat dans ce service de réanimation, mais le Docteur Chaussoy parle très bien dans ce roman de ce qu’est un service de réa et le type de patients et de pathologies qu’on rencontre.

Ce médecin a aidé la maman de Vincent à mettre fin à sa vie. Il explique dans son livre comment il a vécu cette terrible décision, le poids d’une telle responsabilité que de prendre en charge Vincent Humbert, qui réclame à corps et à cris qu’il veut mourir, qu’on le laisse ! Alors qu’on on lui annonce, que sa maman à voulu le tuer et qu’il nécessite des soins de réanimation, que faire ? et bien la seule qu’on fait en réa : on réanime. Du moins, on stabilise le patient et ensuite on évalue heure par heure, complications après complications si on continue ou si on arrête.

Ce livre retrace le cheminement du Dr Chaussoy. Et sincèrement, un médecin anesthésiste comme ça je dis oui tout de suite. Il a vraiment décrit les émotions, les ressentis, les situations qu’on peut rencontrer en réanimation.

Je suis infirmière en réanimation et quand j’ai lu ses lignes, je m’y suis retrouvée, je me suis dis, il a tout compris ! Forcément, c’est un chef de service de réa ! Mais ce qu’il dit dans ce livre est fort, l’éthique que l’on côtoie chaque jour, les questions de savoir jusqu’où on va pour sauver quelqu’un, doit on tout faire, même s’il la personne n’a plus d’avenir ?

Je me souviens vaguement le tapage qu’il y eu autour de son procès, mais toujours est-il que pour moi, il a fait ce qu’il fallait. Le problème c’est que cette affaire était médiatisée, et que le procureur avait déjà décider de ce qu’il ferait si Mr Chaussoy ne réanimait pas Vincent. Tous les jours, dans tous les services de réa on débranche des gens, selon leurs dernières volontés, ou selon celle de la famille, ou en collégiale, avec la famille et les médecins quand les thérapeutiques deviennent lourdes et les chances de survies minimes.

Pour en revenir à ce témoignage, j’ai été enervée, et j’avais envie de les secouer, ces politiques qui n’y connaissent rien, qui parlent de vie, de mort, d’éthique, alors qu’au fond, ils sont dans leur bureau. Il faut être égoïste pour vouloir garder vers soi et pour soi quelqu’un de presque mort. Il le dit bien dans son livre, que la société actuelle qui ne supporte plus la mort, qu’on en vient ç faire des mort vivants. Pas mort grâce à toutes ces techniques, mais plus tout à fait vivants non plus si la conscience n’est plus là.

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